Refuges d'Art Avec les Ânes

Les refuges d’art d’Andy Goldsworthy

Quelle démarche originale que celle d’Andy Goldsworthy ! S’imprégner d’un territoire, de ses courbes, de sa texture, de ses reflets ; épouser ses tonalités, contrastes entre âpreté et douceur… ; prendre ainsi le temps d’apprivoiser le paysage avant d’inscrire sa création dans une histoire, réinventant une vie en des lieux autrefois façonnés par l’homme ; puis inviter le randonneur dans cette démarche d’immersion, en lui ouvrant la porte de ces refuges d’art…

Tous les territoires n’auraient pu ainsi accueillir cette démarche ô combien particulière. Le pays de Digne, les massifs des Monges et de la Bléone savent offrir à l’artiste toute cette richesse de contrastes, de mouvements de la terre, de dessins, de lumières et d’histoire qui ouvrent à sa création. Choisi parmi les 10 journées d’itinérance, 150 km de chemins et sentiers, que constitue l’œuvre «refuge d’art», ce court séjour de 4 journées nous invite à nous fondre au cœur des plissements les plus majestueux du massif, découvrant tour à tour les refuges de La Ferme de Belon, de l’Escuichère, puis du vieil Esclanglon.

La puissance tellurique du territoire, ses plis secrets ayant par ailleurs, inspiré Herman De Vries, Paul Armand Gette, ce voyage où la sensibilité s’inscrit dans l’histoire de la terre, nous ouvre ainsi à de multiples regards…

Jour 1

Accueil et début du séjour

Accueil à 13h30 sur la place du petit village de La Javie, à 13Km au nord-Est de Digne, le long de la vallée de la Bléone quand elle sort des montagnes. Présentation de notre séjour. Nous prenons contact avec nos fidèles mules qui vont se charger de transporter tout notre nécessaire d’humain gourmand et délicat pour ces 4 journées. Après une visite possible de l’écomusée du village présentant la vie d’avant, nous commençons notre randonnée. Nous remontons vers le Col de de la Cèpe avant de nous diriger vers notre premier refuge réalisé par Andy Goldsworthy en 2003. Cette ancienne ferme raconte l’histoire de l’occupation humaines des zones les plus reculées et plus récemment de lieu de refuge de la Résistance lors de la seconde guerre mondiale. Découverte de l’œuvre d’Andy et présentation de son travail sur l’ensemble des Refuges d’Art autour de Digne les Bains.

Jour 2

Ferme de Belon – Refuge de l’Escuichière

Nous commençons au pied de la crête de La Blache, et progressons dans ces jeunes forêts plantées de mains d’homme pour contrer l’érosion importante de nos zones montagnardes lors des grands programmes des Eaux et Forêts. Au col, la vue s’ouvre sur les paysages du Nord et nous découvrons la suite de notre itinéraire vers le massif des Monges. Nous redescendons dans la vallée de la Bléone que nous traversons, puis remontons vers le col de l’Escuichière, où nous découvrons notre deuxième refuge d’Art.

« Je pense qu’ici cette sculpture est une tentative de trouver le flot, l’eau, dans la pierre. C’est une ligne d’énergie, de mouvement et de flux » [Andy Goldsworthy]

Jour 3

Refuge de l’Escuichière – Refuge d’Esclangon

Belle descente vers la vallée du Bès qui a été un grand lieu d’inspiration de l’artiste puisque c’est ici qu’il est venu lors de son premier séjour de travail. Nous pourrons nous aussi prendre un temps de détente au bord de l’eau avant de monter jusqu’au village abandonné du Vieil Esclangon. C’est là que nous rencontrons ce troisième refuge d’Art entouré des ruines de ce qui fut un beau village plein de vie. Il nous est possible d’atteindre le petit sommet qui domine le village pour 

découvrir une des plus belles vues du territoire du Géoparc avec la célèbre formation géologique du vélodrome. Nous prenons le temps de profiter de ce lieu remarquable et attachant du Vieil Esclanglon, où toute une vie de village aujourd’hui disparu, nous laisse découvrir ses traces.

Jour 4

Refuge d’Esclangon – Sanctuaire d’Hermann De Vries

Il ne nous faut guère de temps, pour rejoindre la vallée, nous laissant glisser le long d’un magnifique petit sentier en lacets. Le cheminement parmi les argiles rouges n’est que le prolongement de l’œuvre découverte la veille. Nous longeons ensuite le Bès et traversons le tunnel du Péouré à la Clue du même nom. Ici, la rivière a découpé la roche qui se laisse ainsi lire sur plusieurs millions d’années… 

Nous remontons alors vers le sanctuaire de l’artiste Hollandais qui a fait de ce lieu un Sanctuaire q précède de peu la petite chapelle de l’Hermitage orthodoxe.